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>>Montagne, Parc National, les JA disent non aux changements en coursNous sommes des jeunes agriculteurs qui avons fait le choix de nous installer dans nos vallées, le choix de vivre dans nos montagnes, le choix de participer à la vie et à l’avenir de nos vallées, de notre territoire, pour nous, nos familles et nos enfants. Nous savons ce que ce choix là veut dire. Nous sommes jeunes, mais pas naïfs et encore moins idiots. Nous savons que ce choix n’est pas celui du niveau de vie mais le choix d’une façon de vivre, du respect de nos valeurs et d’un certain idéal, loin de la société de consommation. Mais ce n’est pas parce que nous avons fait le choix d’une certaine difficulté qu’il faut y ajouter la double peine et nous en rajouter. Nous avons pourtant aujourd’hui la conviction que l’État a décidé de nous faire disparaître ou de changer notre métier, ce qui revient au même. Depuis 20 ans, nos conditions de vie et de travail en montagne se sont améliorées. L’État avait compris l’importance de notre rôle dans les montagnes. C’est grâce aux efforts de tous, professionnels, techniciens, élus, organismes professionnels, collectivités et administrations de l’État, de la Région et du Département, que nos métiers se sont modernisés, humanisés. Merci à tous ceux qui y ont contribués. Ces dernières années, rien ne va plus. Pire même, tout ce que nous avons construit ensemble pour accompagner nos activités, pour notre avenir, est petit à petit étouffé, étranglé, condamné, doucement mais sûrement.. Soyons concrets. Tout d’abord, les aides à l’agriculture de montagne après la première Prime à l’herbe (PMSEE) qui respectait nos pratiques, nous sommes aujourd’hui avec une Prime Herbagère Agri-Environnementale (PHAE 2) qui nous empêche d’épandre le fumier naturel de nos troupeaux sur nos terres et qui ne reconnaît même plus notre transhumance. Le nouveau calcul de chargement pour la Prime à l’Herbe et l’ICHN va devenir un nouvel outil pour exclure ceux qui en ont le plus besoin. Pour toutes les normes sanitaires, environnementales, etc... qui se multiplient, nous avons plus de fonctionnaires pour nous contrôler, nous sanctionner avec leurs nouvelles technologies GPS, photo aériennes, etc... que de fonctionnaires pour nous expliquer, nous aider, nous accompagner... Le Centre Départemental de l’Élevage Ovin (CDEO) avait créé dans les années 80, un Centre de Recherche pour l’Élevage Ovin et la Montagne. A force de leur supprimer les aides, le Centre de Recherche a disparu, il n’y a plus qu’une seule animatrice pastorale et même le technicien fromager, qui pourtant nous aidait pour améliorer la qualité du produit phare de nos montagnes, a été licencié faute de moyens. Ce sont nous, les bergers, qui avons dû l’embaucher pour garder 20 ans de savoir faire, avec l’aide de la Région et du Département. Mais jusqu’à quand ? Maintenant, c’est l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB) qui est visée, menacée, mise en péril un peu plus tous les jours. Sans l’IPHB, nous n’aurions pas eu, grâce aux collectivités de montagne, toutes ces mises aux normes et ces nouvelles cabanes. Plus de 60 dans nos vallées. Qui nous a aidé à faire de véritables diagnostics pastoraux dans nos vallées et à écrire notre projet pour les 10 ans ? L’IPHB, le Centre Ovin, le Lycée des Métiers de la Montagne et la Chambre d’Agriculture... Sans l’équipe de l’IPHB, nos radiotéléphones dans les estives ne marcheraient plus, les clôtures et les projecteurs pour la sécurité de nos troupeaux ne seraient qu’un souvenir, notre gros bétail accidenté n’aurait plus qu’à mourir en estive... Qui appellerions-nous pour nous donner un coup de main en cas de coup dur, plus fréquents en montagne qu’en vallée ou en plaine ? Qui nous aiderait à surveiller la qualité de l’eau en estive ? Qui nous aiderait pour les écobuages ? Qui nous écouterait quand les vautours s’attaquent à notre bétail ? On nous dit : le Plan de Soutien à l’Économie de Montagne (PSEM) va vous aider pour tout. Et qu’est ce qu’il nous apporte ? des subventions aux améliorations pastorales qui ont baissées de 10%, des radiotéléphones et des clôtures de protection, que l’on ne peut plus entretenir, des héliportages et du muletage, financés soit disant à 100% (que nous n’avons pas demandé), mais qui excluent les frais d’organisation de l’IPHB et qui nous limitent à 2 500 kg alors que les fromagers ont besoin de 3 à 4 tonnes, l’entretien des chiens patous... comme si nous n’étions pas capable de nourrir nos chiens ! ou encore, des aides au gardiennage, à condition que le berger reste derrière les brebis en permanence... mais seulement 35 h par semaine ! Qui a dit que c’était ça, être Berger ? Pas nous. Les normes sanitaires et les exigences de qualité de nos produits nous imposent de revoir la collecte des agneaux. La Direction Départementale de la Protection des Populations pourrait nous interdire de continuer à commercialiser en Espagne. L’IPHB a entendu les coopératives et groupements de producteurs, écouté les éleveurs, les élus, les administrations, tout le monde. Elle a construit un projet que nous partageons tous, mais depuis 10 mois, le projet est bloqué parce que l’État ne répond pas. Pourquoi ? Certaines raisons ne nous regardent pas, mais le projet nous concerne, nous tous, les 500 éleveurs du Haut-Béarn, qui vendons nos 100 000 agneaux en Espagne. Depuis bientôt 4 ans, avec l’IPHB, nous avons 2 projets très importants pour les estives : l’électrification des cabanes et les abris de traite. Tout le monde est d’accord et particulièrement les propriétaires et gestionnaires d’estives. Les aides sont là, mais on est bloqué ! Pourquoi ? Parce que la Commission des sites et l’administration « doit se fixer sa doctrine », nous dit-on. En réunion, nous entendons « pourquoi de la lumière, un frigo et une machine à laver pour un berger ? ». Nous invitons tous ceux chargés de fixer la doctrine, à venir passer le mois de juillet avec nous, à raison de 6 à 8 heures de traite par jour, 4 à 5 heures de fromage et soigner le troupeau, le reste à courir la montagne par tous les temps... Depuis la tempête Xynthia, nous sommes inquiets. Le relais de radiotéléphone du Pic de Sesques a été lourdement endommagé. L’État répond qu’il n’y a pas d’argent pour aider aux réparations. C’est pourtant la sécurité de près de 40 bergers et de leur famille qui est en jeu, sans compter les montagnards qu’il permet de secourir chaque année. Aujourd’hui, malgré les efforts de nos communes de montagne, tous les arbres couchés par la tempête Xynthia n’ont pas pu être enlevés et notamment ceux sur les sentiers qui mènent aux estives. Ces chantiers sont dangereux et doivent être dégagés par des professionnels. On nous répond qu’il n’y a pas d’argent pour ça non plus. Mais dans le même temps, on nous propose de nous donner 182€/ha pour faire des « prairies fleuries »... de nous payer des motofaucheuses pour aller dans les pentes... on apprend que l’Etat paiera cette année 6 « bergers itinérants » à une association environnementale... Dans le même temps aussi, tous les crédits à l’écologisme augmentent, les aides nationales aux associations de protection de la nature ont augmenté de 40% en passant de 20 à 28 millions d’euros (journal officiel du SENAT du 01/04/2010). Le nombre de salariés au Parc National est passé de 70 à 90 en 3 ans et son budget a augmenté de plus de 25% (avec plus de 9 millions d’euros de fonctionnement en 2010 - compte rendu du C.A. du Parc National). Alors il ne faut pas nous dire qu’il n’y a pas d’argent ! D’accord tout le monde doit vivre. Mais entre 90 salariés au Parc National des Pyrénées et 7 salariés menacés à l’IPHB, il y a certainement un équilibre à trouver. MAIS LA DISPARITION DE TOUS NOS SERVICES DE CONSEIL ET DE SOUTIEN ET MAINTENANT LA DISPARITION DU DERNIER APPUI QU’IL NOUS RESTE EN ESTIVE.... LA, NOUS DISONS COLLECTIVEMENT, NON ! Les jeunes agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques |